Dès sa création le GERDAL a mis en place une formation en direction d’agents de développement agricole, pour permettre l’acquisition de compétences spécifiques auxquelles renvoyaient une posture et un rôle « d’aide à la formulation et la résolution de problèmes » (ou « aide méthodologique à la réflexion », alors en rupture avec un rôle centré sur la diffusion de connaissances scientifiques et de messages techniques. La première formation (de 1983 à 1992) se déroulait sur deux semaines au centre de formation d’Etcharry (Association de formation en milieu rural (AFMR)) dans le cadre de la « formation au métier » proposée à tous les conseillers des Chambres d’agriculture, et était coanimée par Xavier Bonnet Eymard (formateur dans ce centre qui avait contribué à l’élaboration des outils d’aide méthodologique à la réflexion) et Jean-Pierre Darré. Dans son article « La spécificité de la formation Gerdal » (Cf. Agriscope 1986) , Xavier Bonnet Eymard mettait déjà l’accent sur la nécessité de « rompre avec les généralités de la formation à l’agnation », pour aller vers des compétences pointues « une attention à la parole, au discours du groupe », et une capacité à travailler sur cette parole, en tant que support de production d’idées.
Les activités de formation professionnelle se sont ensuite développées sous différentes formes :
- construites à la carte dans le cadre de partenariats très divers (Chambres d’Agriculture, Civam, collectivités territoriales et PNR, INRAE, CIRAD, CPIE, coopératives, organismes de développement dans les pays du Sud…) en lien avec des programmes de développement et de recherche-action.
- Une formation nationale ouverte à tous proposée annuellement (Voir exemple fiche de présentation).
Ces formations ont été conçues dès le départ comme des lieux de partage d’expériences entre agents, d’échange de pratiques et de réflexion collective sur leur métier et les difficultés qu’ils rencontrent. Associant l’acquisition ou le renforcement de compétences de méthode et des apports en sociologie du développement et du changement technique en agriculture, elles ont pour but d’aider les agents à y voir clair sur leur métier, leur position, et à gagner en autonomie dans la manière de conduire concrètement leur travail auprès des agriculteurs et, de plus en plus souvent, auprès d’autres acteurs avec lesquels ces derniers doivent composer.
Cette ambition est plus que jamais d’actualité dans un contexte de multiplication des intervenants autour de l’agriculture, mais aussi d’outils dit « participatifs » en tous genres, sur fond d’appauvrissement des bases conceptuelles et méthodologiques de l’intervention de développement (cf. Article de synthèse « Accompagner les transitions agricoles et alimentaires : combiner capacités d’analyse et compétences d’intervention. 40 ans de formation professionnelle d’agents de développement par le GERDAL », Revue AE&S n°14-2. 1 2-

