On assiste à une sorte de consensus sur les questions environnementales et alimentaires. Les acteur·rice·s clés partagent les mêmes valeurs et leurs projets traduisent ces objectifs politiques. Le dialogue à engager autour de la nécessité d’agir en commun pose la question suivante : Comment des acteur.rice.s aux univers différents vont pouvoir coopérer pour construire une action en commun – non pas par idéologie du collectif – mais parce que le domaine de l’eau nécessite de mobiliser plusieurs acteur·rice·s ?
Dans ce processus pour construire l’action en commun, 3 dimensions sont en jeu : cognitive, sociale et politique. La dimension cognitive est centrale. Elle traduit l’intérêt des acteur.rice.s pour le sujet : en tant qu’acteur·rice·s concerné·e·s quels sont leurs rapports à la situation, quels intérêts ont-ils à défendre ? La dimension sociale est relative aux formes d’organisation, de relations établies entre acteurs, aux modes de représentation. Ainsi la hiérarchie des savoirs influe sur la capacité des acteur.rice.s à prendre la parole et in fine sur la nature des problèmes retenus. Enfin, la dimension politique se traduit par des rapports de forces et de pouvoir (mise en concurrence des acteur.rice.s pour la répartition des moyens, dans un contexte tendu économiquement). Dès lors, les enjeux stratégiques peuvent paralyser les enjeux pratiques. Il s’agit de tenir compte de ces différentes dimensions pour améliorer le dialogue. L’efficacité pour l’action passe par le fait de donner la possibilité aux acteur.rice.s de participer et d’être entendu·e·s, d’éviter les débats politiques paralysants et d’élargir le droit de parole au sein même des groupes de pair·e·s.
Ainsi, les pilotes de la concertation peuvent agir à 2 niveaux : l’organisation des dispositifs de travail (composition des instances, étapes de travail, modalités et outils d’animation…) et la conduite du dialogue. Une des clés réside dans la constitution d’un collectif pertinent : quelles seront les personnes les mieux placées pour contribuer aux échanges ? Il s’agit de mettre en adéquation un type de problème à traiter et la composition du groupe qui va échanger. Mettre tout le monde autour de la table, consisterait à nier toutes les dimensions abordées auparavant. Il s’agit de constructions multiformes au cas par cas.
Par ailleurs, une attention doit être portée à la manière de consigner les débats : Que devient le travail, qu’est-il fait de la parole produite ? Plutôt qu’une recherche systématique de consensus ce qui importe c’est davantage de consigner les divergences et les avancées. Il ne s’agit pas d’aboutir à une vision « partagée » mais de comprendre les problèmes de chacun·e et de trouver un compromis pour agir, ce qui nécessite une rigueur dans la prise de note et la circulation des propos. Etablir des règles à ce sujet apparait incontournable.
Référence :
RUAULT C., Rencontres nationales Comédie. Eau et alimentation : quelle place du dialogue territorial dans la gestion de ces « communs» ? Poitiers, 23 novembre 2017
Type de document :
Communication dans un congrès
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2017
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