AVSF  cherche  à  faire  évoluer  ses  dispositifs  d’intervention  en  appui  à  la  transition  agroécologique  des modes de production paysans dans les pays du Sud,  dans une logique d’accompagnement plutôt que de transferts de techniques et diffusion de « bonnes pratiques ».
Différents dispositifs ont été mis en œuvre et  expérimentés  dans  ce  but  :  paysans relais  (Madagascar),  champs écoles  (Togo),  concours  paysans (Honduras), entre autres. Des évaluations et capitalisations de ces expériences ont permis d’approfondir la réflexion sur les compétences requises pour définir et mettre en œuvre des formes d’interventions en appui à des dynamiques locales de changement impulsées et portées par les agriculteurs sur la base de leurs initiatives et aspirations.
Les  recherches  et  expérimentations  menées  par  le  GERDAL  en  partenariat  avec  des  équipes  de développement, ont montré que les dynamiques d’innovation sont, pour les producteurs concernés, des processus  collectifs  de  construction  de  nouvelles  connaissances,  finalisés  sur  la  recherche  de  solutions aux  problèmes  qu’ils  se  posent  et  qu´ils  renvoient  à  une  activité  propre  de  réflexion,  de  recherche  et d’expérimentation.
Ces travaux ont aussi mis en évidence que les compétences méthodologiques requises pour  appuyer  de  tels  processus  supposent  une  évolution  des  conceptions  des  agents  sur  comment  se produisent  les  changements  en  milieu  rural  ainsi  que  sur  leur  propre  rôle.  Si  on  ne  passe  pas  de  visions diffusionnistes et positivistes à des visions plus constructivistes, ces compétences risquent de se traduire par  la  persistance  d´une  relation  «  pédagogique  »,  certes  améliorée,  mais  toujours  emprunte  d’une certaine  « supériorité » des techniciens et d’une logique de « conscientisation » des agriculteurs.
Par  ailleurs,  la  plupart  des  interventions  se  réalisent  dans  le  cadre  de  projets  où  la  priorité  tend  à  être donnée, de façon verticale, au strict respect de ce qui est indiqué dans le document de projet. La mise en place de modalités de travail, centrées sur l’accompagnement du changement, avec ce que cela comporte d’invention,  de  réajustements  nécessaires  au  fil  du  déroulement  des  activités  et  des  résultats,  et  en fonction  des  priorités  et  intérêts  des  groupes  cibles,  requiert  donc  aussi  de  nouvelles  visions  et compétences  dans  la  gestion  de  projet.  Un  facteur  important  est  alors  de  se  donner  des  marges  de manœuvre  pour  adapter  les  actions  et  l’utilisation  des  ressources,  tout  en  maintenant  une  clarté  et précision suffisante, en particulier face aux bailleurs de fonds sur les objectifs et résultats à atteindre et sur les moyens à mettre en œuvre.
Mettre à profit ces marges de manœuvre implique de construire des dynamiques autonomes de réflexion et  de  travail  au  niveau  des  «  équipes  projets  »  et  d’accorder  une  grande  importance  à  l’apprentissage collectif dans le suivi et la capitalisation des actions.
Et pour renforcer les capacités des équipes chargées de formuler et mettre en place ce type  de dispositif, il faut les doter d’outils spécifiques issus des sciences sociales, en articulant les interventions avec des activités de recherche appliquée, pour mieux comprendre les  dynamiques  locales  d’innovation,  et  être  en  capacité  d’analyser  les  effets  produits  sur  ces dynamiques par les dispositifs mis en place.
Les  expériences  analysées  dans  cet  article  permettent  d’illustrer  et  de  préciser  ce  que  recouvrent  ces différentes dimensions et compétences.

Référence :

DIETSCH L. , RUAULT C., BAKKER T., 2017 Colloque international Les acteurs de l’aide internationale, vers quels savoirs, engagements et compétences ? Bordeaux 11 et 12 septembre 2017

Type de document :

Communication dans un congrès

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2017

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